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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"La vie enfin découverte et éclaircie, c'est la littérature." Marcel Proust

Entre littérature, politique et étude sociétale

    Voici Laëtitia de Ivan Jablonka. Apparemment, pas forcément mon type de livre, basé sur un fait divers analysé comme étude de la société des années sarkozystes. Je me suis tout de même laissée tener: beau livre ( un peu esthète j'avoue!), 4ème de couverture alléchante et de plus, c'est un cadeau...! Eh ben... je l'ai dévoré en trois jours, happée par le déroulé des pages, de l'histoire, de l'intrigue écrite comme un roman. Merci x 100 pour ce magnifique présent.

    L'auteur revient sur un assassinat barbare datant de 2011: celui de Laëtitia Perrais, une jeune femme à peine majeure. Il a fait à l'époque tous les premières parties des journaux télévisés de 20h. Pour ma part, je n'en conserve aucun souvenir. C'est juste en faisant quelques recherches que le visage de l'assassin m'a rappelé brièvement quelquechose. Ce qui est fort avec le style de l'écrivain, c'est qu'il mêle polar, écriture journalistique brute et analyse politico-sociale. Parfois, le langage est cru voire érotique, parfois il est émouvant et plein de retenue et d'égard. Le tout fait un livre qu'on ne lâche plus.

    Ce qui est fort c'est la justification que Ivan Jablonka donne à son livre: rendre la part belle à la victime. En effet, le meutrier reste plus longtemps sous les feux des projecteurs que sa victime: photographies à visage couvert, procès, résumés dans les journaux... Après les marches blanches, les interviews de la famille, la victime est vite oubliée par le commun des mortels. Jusqu'à la fin du procès, c'est l'assassin qui est sur le devant de la scène. De plus, l'auteur met en exergue la perversité masculine face à la faiblesse corporelle de la femme en général. Implicitement, il montre la lâcheté de l'homme qui s'attaque toujours à plus petit que lui.

    Petit côté négatif: quelques longueurs quant à l'analyse minutieuse des différents métiers de la justice, le rôle de chacun, les responsabilités de chaque section...

    Tout le monde peut trouver son compte avec ce livre: essai, littérature, société. Et la fin s'ouvre sur un hommage poignant à cette fille, décédée trop tôt: l'espoir reste.

 

La citation du livre:

" Je ne fantasme pas la résurrection des morts; j'essaie d'enregistrer, à la surface de l'eau, les cercles éphèmères qu'ont laissés les êtres en coulant à pic."

 

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