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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"La vie enfin découverte et éclaircie, c'est la littérature." Marcel Proust

Rencontre avec Bruno Roza

    J'ai rencontré Bruno Rosa à Meaux, dans le 77, aujourd'hui même. J'ai voulu l'interviewer à propos de son dernier ouvrage Un camping en hiver, publié pendant la rentrée littéraire de Septembre 2016. Rencontre privilégiée.

    Moi: dans ton oeuvre, l'omniprésence de la pluie fait figure de loi. Quel en est le symbole?

    Bruno: la pluie, le temps maussade, permettent l'instrospection. Le mauvais temps est plus propice à la méditation. On n'a pas envie de sortir, de regarder dehors. On se concentre sur soi. C'est une sensation commune à tous. Le lecteur peut s'identifier.

   M: pourquoi la figure féminine et pourquoi la folie, récurrentes dans ces nouvelles?

   B: j'ai voulu utiliser le poncif qui stipule que la femme est plus fragile que l'homme, qu'elle a en elle plus de sensibilité. Elle est plus encline à la rêverie, au retour sur soi. C'est aussi peut-être inconsciemment une manière de prendre de la distance par rapport à ce que j'énonce en tant qu'écrivain, en tant qu'homme. La folie est intéressante pour moi: c'est sortir de la Raison, c'est ouvrir les voies à l'inconscient. C'est aussi un moyen de rentrer en soi, de s'analyser.

  M: le titre général Un camping en hiver est aussi celui d'une de tes douze nouvelles. Pour quelle raison ce titre plutôt qu'un autre?

  B: c'est le choix de mon éditeur. J'avais trouvé un titre dont je n'étais pas satisfait. Lui s'est servi de l'étymologie italienne du mot "camping". Il dérive de campare qui signifie " prendre ses quartiers". Je trouvais que cela allait dans le sens de ma thématique: la concentration sur soi-même.

 M: "Les draps en feu" change de point de vue. On pénètre les pensées d'un homme qui pense à sa femme. La position centrale au milieu du livre a-t-elle une signification forte?

 B:  C'est une manière de me montrer par le truchement du mari de cette femme. Implicitement, l'écrivain masculin que je suis donne son avis, analyse. Quant à la place de cette nouvelle par rapport à l'ensemble, c'est pur hasard. Mais là encore, maintenant que tu m'en parles, est-ce peut-être l'insconscient qui a parlé à ma place...?

 M: "Quelque chose dans le jardin", malgré l'état dépressif latent de la femme, est plus lumineux, plus positif par rapport aux autres textes, notamment grâce à la présence de oiseaux, du soleil, de l'amour marital. Et en même temps, il montre toujours cette dichotomie entre les deux sexes qui ne s'intéressent pas à la même chose.

  B: Ce texte était un moyen pour moi de montrer que la femme aime se faire désirer, aime parader au lit pour que l'homme la rejoigne. De plus, je pense que les êtres humains, de sexe opposé ou identique, s'affrontent toujours. Chacun a ses goûts propres, ses passions. Chaque être est seul bien qu'entouré par ses congénères. Parfois la solitude est voulue, recherchée dans les souvenirs , parfois elle est vécue comme déception, abandon, frustration.

  M: Peux-tu nous me/nous parler de ton futur livre?

  B: Je l'ai fini et envoyé il y a quelques mois à mon éditeur. Il sera sûrement publié à l'automne prochain et sera pourvu, comme dans Une Reine dans un jardin, des dessins de mon fils. Ce sera un texte parlant d'un sujet sérieux, grave, sous le couvert de l'humour, de la légèreté stylistique. Un garçonnet de dix ans a mal au ventre. Il ne veut et ne peut plus aller à l'école. Son chien vient lui tenir compagnie sur son lit. Pendant que son jeune maître se repose, il raconte son histoire. Là encore, la thématique du repos, du réveil, du sommeil est très largement utilisée.

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