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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous." Kafka

Des nouvelles: entre rudesse et poésie

    Voici ma dernière lecture: Retourner à la mer, du chanteur Raphaël Haroche.

    Le recueil est composé de nouvelles décrivant le quotidien pas toujours glorieux de personnages, venant de différents horizons: des ouvriers d'abattoirs, un videur, une strip-teaseuse sur la fin, un père débordé... Un point commun: la morosité.

    L'auteur écrit comme il chante: beaucoup de nostalgie, de mélancolie se détachent de ses oeuvres. Il étudie certaines couches sociétales avec minutie et clairvoyance. Il décrit ce qu'on peut penser être la réalité, avec dureté et incrédulité. La plupart des nouvelles montrent des personnages enfermés dans leur carcan, leur routine, leur vie affreuse. Il y a comme un abandon de soi, une fatalité inexorable. Le parallèle est hyperbolique mais cela ressemble aux romans zoliens ou balzaciens où l'hérédité, la strate sociale ne peut changer au cours d'une vie. Compte-rendu de vies gâchées chez Haroche.

    Certaines nouvelles offrent un brin d'espoir. Ue papa non paternel, trimballant son fils pour le trimballer au gré des routes de campagne, ouvrira les yeux sur son rôle de père lorsqu'un accident surviendra. J'ai vraiment pensé que cette nouvelle serait aussi noire que les autres, avec une fin funeste.  Eh ben non! Raphaël montre donc qu'il y a des moments dans une vie où tout peut basculer en une seconde, nous faisant grandir, nous réveiller, nous montrer le verre à moitié plein.

    Le point négatif de ce recueil: les fins qui n'en sont pas. Le texte se finit sur un fait anodin, un événement non achevé. On ne connaît pas la fin. C'est très perturbant au début, puis on se fait une raison, toujours un peu étonné. Est-ce une interrogation sur la littérature avec un grand "L"? Ne serait-ce pas à chaque lecteur de se faire sa propre fin?

 

La citation du livre:

" Peut-être que mon existence est une mince couche de réalité, de l'épaisseur d'une feuille, entre des existences plus anciennes que je peux par instants encore percevoir, mais tout se referme, les fontanelles comme les portes des tombeaux."

 

 

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chauviere 05/03/2017 15:17

la vie n'était elle pas faite de "parcelles de vie " qui s'arretent d'un coup , de vies que l'on cotoie, ou croise, et qui seront, pour nous , des vies anodines ...la Vie est , heureusement , faite de surprises ,et aussi de bonheurs et de malheurs ...mais sans le malheur , le bonheur n'existerait pas !!!!

Mégara Ponvière 09/03/2017 16:56

Certes!