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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous." Kafka

Un roman déconcertant.

   J'ai lu Les garçons de l'été de Rebecca Lighieri en vue d'une soirée littéraire imminente dans ma commune meldoise. Plus de 450 pages en 2 jours. Je n'arrivais pas à lâcher le livre, je n'avais de cesse et d'envie de le posséder à nouveau et d'en poursuivre la lecture. Obsédant, quasi charnel.

   Tout commence pour le mieux: deux jeunes hommes de Biarritz, étudiants de 20 ans consciencieux, sont frères. Ils sont très proches, fans de surf. Ils partent à la Réunion, l'un pour s'y installer, l'autre pour des vacances de quelques semaines. Ils soufflent et relâchent la pression due aux examens. Ils vivent en bohêmes, vivant de surf, de sexe, d'alcool et de joints. Le rêve pour des jeunes bourgeois, engoncés dans une famille parfaite! Le paradis sur terre se finit le jour où Thadée, un des frères, se fait happer la jambe par un requin et qu'il devient unijambiste. Au fil du livre, le lecteur apprend que l'enfer n'est pas vécu que par Thadée, des suites de son accident. L'enfer est Thadée lui-même: un être aux plaisirs très spéciaux et au caractère trouble.

    Rebecca a une écriture magique, à l'instar des paysages réunionnais. Nous sommes, lecteurs, tout de suite plongés dans l'ambiance cool, désinvolte, sans foi ni loi de la jeunesse réunionnaise. Les paysages sont grandioses, on sent le sable, l'Océan Indien déchaîné, les embruns de l'île.

    De plus, grâce au caratère polyphonique du livre, nous découvrons au fur et à mesure le vrai visage des personnages. Le plus probant car le plus énigmatique est celui de Thadée. Quand l'auteure donne la parole a sa maman, Thadée est LE  garçon que toutes les mères rêvent d'avoir. Quand la parole est donnée à d'autres membres de la famille ou à Thadée lui-même, le lecteur est absourdi, voire choqué: le surfeur est un concentré du Mal en personne.

    Le roman va de mal en pis. D'idyllique au début, il s'achève en capharnaüm.

    Pervers, dégueulasse, déconcertant.

 

La citation du livre:

" La vie est mal faite, parce que les doux, les miséricordieux, ceux qui ont le coeur pur et les mains propres, ne possèdent pas la terre et ne sont consolés de rien."

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