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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"La vie enfin découverte et éclaircie, c'est la littérature." Marcel Proust

Mon dernier Rebecca Lighieri: fracassant de perversité.

    La dernière lecture que je viens d'abandonner il n'y a que quelques minutes est encore une oeuvre de Rebecca Lighieri dont je n'arrive pas, comme cela doit se voir par rapport à mes dernières lectures et publications, à me détacher. Husbands, datant de 2013, est riche de désolations, de tromperies et de folie.

    C'est l'histoire de trois hommes, mariés, qui remettent leur couple en question après une bévue dont sont responsables leur épouse. Farouk, la trentenaire finissante, découvre l'adultère de sa femme avec un ancien ami de faculté. Reynald, la cinquantaine bien alourdie, est marié à une jeune starlette de trente ans sa cadette. Il découvre lui aussi qu'elle le trompe avec un jeune homme de son âge. Quant à Laurent, la quarantaine bien conservée, il vient d'un milieu social pauvre. Il a réussi sa vie mais se sent rejeté par sa belle-famille et par sa femme Delphine, qui ne cesse de lui rappeler leur différence de milieu. Quand il perd son travail, il sombre inéluctablement jusqu'à...la déperdition totale. Tous trois sont désoeuvrés et se connecte à un site internet très spécial. De là, va naître une amitié inébranlable... ou presque.

    Rebecca nous amène dans l'univers des trois personnages qui parlent à tour de rôle. Farouk est sensible, romantique, respecteux. Reynald est un vieux loup de mer, qui n'est que sarcasme et ironie vis-à-vis de sa femme et de la jeunesse en général. Le sourire, voire le rire, m'arrivait souvent aux lèvres en début de roman car Rebecca lui faisait employer des expressions très drôles d'infamie, rabaissant son épouse plus bas que terre. J'exécrais ce vieux beau riche qui se sentait supérieur à la gente féminine mais je dois dire qu'il était très caustique et en devenait sympathique et réaliste!! Enfin, Laurent parle d'une manière ordurière, use de gros mots et de vulgarités. Il appelle un chat, un chat et ne passe par aucun détour.

    Le lecteur comprend au fil des pages que ce qui a débuté par des scènes orgiaques faites de sexe, d'alcool, de lupanars va se finir funestement, notamment à cause d'un des trois protagonistes, qui va littéralement péter les plombs. Le livre, qui se présente en focalisations internes masculines se finit en un chapitre tenu par une voix féminine, ce dont je ne m'attendais pas. C'est un beau revirement de narration de la part de Rebecca Lighieri. De plus, la fin est belle!

    Roman très excitant, à la limite du blasphème, libre de toute convention.

 

La citation du livre:

" L'enfer; c'est les autres. Tu parles, l'enfer c'est le tête-à-tête avec soi-même."

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