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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous." Kafka

rentrée littéraire 2014 : à lire absolument.

rentrée littéraire 2014 : à lire absolument.

Aujourd'hui, je vous parlerai de deux livres de la rentrée littéraire 2014. L'amour et les forêts d'Eric Reinhardt et Charlotte de David Foenkinos. Tous deux m'ont frappée pour différentes raisons. Tout comme Les perroquets (cf mon article précédent!) je ne les ai pas oubliés. Je n'ai pas l'impression de les avoir lus il y a deux ans. Point commun: ce sont des romans s'inspirant de deux femmes réelles.

Le premier parle de la relation de l'auteur-narrateur et d'une parfaite inconnue. De brefs échanges épistolaires commencent. Bénédicte Ombredanne se confie et peu à peu. Nous ( les lecteurs) entrons dans une spirale infernale de la relation qu'elle entretient avec son époux possessif, jaloux et - cela n'est pas explicite - psychiatriquement malade. Commence alors un harcèlement marital infernal pour la jeune femme. Je n'ai pas lâché d'une semelle ce magnifique livre, passées les 20/30 premières pages, peu intéressantes il est vrai. Au coeur de l'histoire, je voulais savoir si Bénédicte allait s'en sortir, si le narrateur avait pu l'aider, si le coupable avait été puni. Tout au long de la lecture, j'ai ressenti une très forte empathie pour cette femme forte, malheureuse, seule face à l'indicible. J'ai éprouvé une frustation car impuissante face à ce que je lisais; parfois les larmes n'étaient pas loin. C'est un roman à l'écriture mêlant pudeur et vulgarité dans les mots employés. Une parfaite osmose. On ne ressort pas indemne de cet ouvrage. Puis on oublie. Ensuite on y repense. Enfin, l'histoire est gravée en nous. Tout simplement magnifique.

la citation du livre:

" Je t'en supplie, par pitié, laisse-moi dormir, arrête de me parler, j'ai besoin de dormir, je vais mourir d'épuisement si tu continues, murmurait-elle, au bord de l'écroulement."

Le deuxième ouvrage évoque la vie de Charlotte Salomon, peintre maudite car juive. Et durant la Seconde Guerre Mondiale, cela ne pardonnait pas. Durant plusieurs pages, plusieurs chapitres, l'auteur nous livre la genèse de son livre: sa découverte, son envie d'écrire sur Charlotte, ses doutes, ses réflexions diverses. L'écriture y est versifiée: David nous en donne une raison symbolique, puissante. Allez vérifier page 71... Quand au thème, il est tout bonnement beau. Rendre connue une artiste qui ne l'était pas forcément en France, il ne pouvait y avoir plus bel hommage. L'auteur nous parle de la peintre, de ses passions, de sa force créatrice picturale, de ses amours et de sa fin. Le dernier chapitre avant l'épilogue atteint une force ineffable. J'ai ressenti ce qu'avait pu vivre Charlotte. L'émotion est palpable et je pense ( et espère) que personne ne peut rester de marbre en lisant les dernières lignes de cette partie. Quant aux derniers vers du texte, ils rendent un magnifique hommage au talent, au courage, à la force mentale de la jeune femme: sept mots, une ponctuation sensée: tout est dit par David Foenkinos. Le roman a été republié par Gallimard l'an dernier avec les peintures de Charlotte Salomon. Je l'ai évidemment acheté et placé dans ma bibliothèque! Relire le texte avec l'empreinte de cette femme est encore plus émouvant. Nous replongeons dans l'Histoire, nous (re)prenons conscience de la cruauté gratuite des hommes entre eux. Charlotte a vécu une deuxième vie, littéraire cette fois.

la citation du livre:

" J'ai tenté d'écrire ce livre tant de fois. Mais comment?"

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