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Le beau monde livresque de Mégara

Le beau monde livresque de Mégara

"Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous." Kafka

Rentrée littéraire de janvier 3

    Pour mon troisième livre de cette rentrée, un auteur iranien: Parinoush Saniee et La voix cachée. Cet ouvrage vaut le détour.

    L'auteur raconte dans cet opus les tourments d'un garçonnet de cinq ans qui ne parle pas. Seul sa maman est de son côté. Le reste de la famille a honte, pitié ou se moque délibérément de lui. Quand il le comprend, commence alors la vengeance. C'est comme un chaton sauvage, misanthrope, qui se cache sous ses draps au moindre signe extérieur. Il y a une sorte d'empathie entre lui et le lecteur qui s'instaure: il est un petit daiblotin mais à cause de quelqu'un. On ne peut que le comprendre, on a envie qu'il puisse s'exprimer sans entrave. Au bout de quelques mois, LA personne va arriver et le sauver de sa bulle: sa mamie maternelle. Grâce à elle, il va s'exprimer, prendre confiance, aller à l'école et devenir le maître de la calligraphie. Shahaab a toujours été enfermé dans un monde de couleurs. Il imaginait que telle lettre était de telle couleur... C'est ici d'ailleurs que réside le côté poétique de l'oeuvre: le petit garçon préfère rester dans ce monde haut en couleur plutôt que le monde monochrome des adultes. Rimbaud se cacherait-il derrière ces lignes?

    La voix cachée met en valeur la méchanceté des êtres humains face à la différence, le combat d'une femme face au pouvoir décisionnaire de son mari mais aussi le manque de liberté de l'Iran. Le livre s'achève quand Shahaab a vingt ans, qu'il a réussi, qu'on donne une fête pour son anniversaire. Le petit garçon a bien grandi mais il n'a pas oublié celui qu'il a été quinze ans plus tôt. Et cela se voit notamment, avec brio et génie, dans la dernière phrase du roman. L'oubli existe, mais le passé est tenace.

 

La citation du livre:

" J'ai fini par me convaincre que si Maman avait été un peu plus heureuse et si le père d'Arash avait ressemblé un peu plus à Mr Karimi, s'il avait accordé plus d'attention à Maman et nous avait entourés de plus d'amour, sûrement, j'aurais déjà su parler."

 

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